ALKALINE : Les filles ne font pas dans la dentelle… le garçon non plus!

Lily Cole et Caroline Perne connaissent le public de The Irish: elles s’étaient retrouvées toutes les deux à cette fameuse « soirée des divas » du 30 septembre dernier pour mettre du blues, du reggae et de la soul dans la place. Bruno Martingal est aussi un vieil habitué de la maison. Avec les Temptation, ce trio d’artistes remettent ça, bien déterminées à user de leur talent et de la fougue de leur jeunesse pour subjuguer leur auditoire.

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Caroline Perne, la jeune rastafarienne de Souillac a encore une voix d’ange qu’elle sait placer juste dans la syncope d’une ligne de basse et qui fait que le reggae chaloupe pour de vrai. Elle n’est pas de celles qui forcent et qui éprouvent le besoin d’en faire un peu plus pour s’éprouver et ainsi se prouver. Pas que ce soit un défaut, loin de là ; mais, ce n’est pas sa démarche à elle, ce n’est pas sa philosophie.

Caroline Perne répète et travaille sa voix, certes, mais il lui faut cette ambiance ludique et le sentiment de passer un bon moment à faire ce qu’elle aime. Et quand ça sonne bien, elle se laisse aller et c’est ainsi qu’elle transmet son bonheur et sa joie de vivre. Avec son naturel et son entrain, on est vite conquis et elle entraine ainsi son public dans son délire juvénile et plein de fraicheur.

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Bruno Martingal est un chanteur qui a du métier. Pour cet homme qui évolue dans le circuit hôtelier, la capacité à changer de registre constitue son principal atout. De la soul au pop rock contemporain, il est capable d’assurer autant sur le feeling que sur le tempo. Avec les Temptation, on est certain qu’il va faire mousser un peu et entrainer tout son monde dans des rythmes trépidants.

Avec Lily Cole, c’est l’émotion qui parle. Son empreinte vocale est marquée d’un éraillement dont elle use aujourd’hui avec une maîtrise qui force le respect. Elle en a fait son grain de voix, une patine comme celle des vieux meubles qui résistent au temps. Du temps d’ailleurs, elle n’en a cure : elle fait son marché autant chez Aretha Franklin que chez Adele ! Mais que l’on se rassure, elle n’est pas dans la confusion des genres : elle n’est pas de celles à nous faire passer le tofu pour du bacon !

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C’est sans doute cette part d’authenticité, cet engagement à maintenir la qualité d’un répertoire qui fait que Lily Cole soit devenu la coqueluche des Réguliers de The Irish. Elle parvient aujourd’hui à les cueillir au plexus quand elle ferme les yeux et se laisse prendre par la magie d’un texte. En livrant cette part d’émotion brute, elle obtient paradoxalement le respect de son public pour son impudeur et l’immense beauté de son talent. Chez The Irish, on va encore s’émerveiller et danser aux éclats de la perle noire de Floréal.

© Neologik Ltd. – 2016

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