ALKALINE : Une Star entre deux pages

Dans certains cercles de connaisseurs, on en parle déjà comme d’une révélation : Ansha Roy est une voix come nulle autre pareille à Maurice. Elle a un timbre particulier auquel la pratique de son métier a donné une patine qui lui donne une marque de fabrique unique. Entre Alexko et Kevin Mackay ce vendredi, Ansha Roy va donner à Alkaline un air de spectacle américain conçu pour quelques privilégiés. Les Réguliers de The Irish ne l’auront probablement jamais été autant.

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Ansha Roy est une diva, comme on ne pouvait penser qu’il pourrait en exister encore à Maurice. La référence peut paraître par trop flatteuse, mais elle est l’expression la plus juste de la reconnaissance d’un talent immense. Il y a des phénomènes qui apparaissent ainsi dans le ciel mauricien ; de véritables stars dont on ne peut altérer l’éclat. Puisqu’il faut user de comparaison pour présenter cette nouvelle figure de la chanson à Maurice, on pourrait dire qu’Ansha Roy serait un peu comme un alliage réussi entre Mary-Ann Bothjohn et Jenny Mackay. C’est le genre de pierre précieuse qui pourrait, dès la première rencontre, rajeunir un Patrick Pongahet ou Gérard Sullivan de trente ans !

Ansha Roy, pour les plus jeunes, va chercher son blues du côté de Norah Jones. Ceux qui ont le recul de l’âge n’hésiteront pas à trouver dans sa maîtrise vocale une inspiration d’Aretha Franklin et de Barbara Streisand. Elle a un feutre dans la voix qui dessine parfaitement toutes les émotions contenues dans certains standards du jazz et on peine à imaginer qu’une voix aussi puissante soit contenue dans un corps aussi frêle.

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Alexko

Alexko, c’est le diminutif du nom d’Alexandre Koënig qui lui tient lieu de nom de scène. Personnage fantaisiste et flamboyant, il se démarque aussi par son répertoire essentiellement francophone. Sa prestation est très physique ; c’est un artiste qui se donne aussi à voir dans sa démarche féminisée. Ses interprétations oscillent entre une sensibilité exacerbée et la part d’autodérision qui fonde le personnage.

Kevin Mackay était déjà chez The Irish en avril dernier où il passait en première partie du spectacle de Jean Lou. Le jeune homme poursuit son bonhomme de chemin et accumule les prestations comme un pilote compte ses heures de vol. C’est bien là un de ces jeunes talents dont les passages chez The Irish marquent des phases de maturité. Il prend de plus en plus d’aisance dans sa démarche en solo et il fait impression en version acoustique. Ce registre lui permet de dégager sa sensibilité toute particulière.

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Sa voix a aussi gagné en maturité pour fusionner aujourd’hui avec les sonorités plus percutantes d’un groupe. C’est un musicien qui se cherche encore et qui est honnête dans sa démarche où il fait des covers de certains titres de reggae et de pop. Peut-être parce qu’on ne lui a pas dit qu’il est très convaincant dans ses reprises de chanteurs Français, comme Kendji Girac par exemple. Le public de vendredi saura-t-il le convaincre ?

© Neologik Ltd. – 2016

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