Bieber met le feu!

C’est un membre du personnel que l’on met à l’honneur cette semaine : mérité, puisqu’il a fait honneur à The Irish. Sur son lieu de travail, on l’appelle Bieber. Kushal quelquefois. A 21 ans, maigre comme un fil de fer et avec le regard de celui qui peine à sortir de l’adolescence, Rohans Luximon a le look du starboy. Mais que l’on ne s’y méprenne pas : le demi chef de partie de The Irish a le feu sacré ; celui qui brûle et anime la résolution des êtres passionnés et qui se dévouent à leur métier. Et Ronan Boucher, son patron et mentor, entretient la flamme…

Bieber met le feu

A 21 ans, Rohans Luximon commence à collectionner de vrais souvenirs professionnels. Certes, son récent prix au Chefs’ Hour Innovation Challenge 2017, la reconnaissance de son corps de métier, ça compte. Mais, il est en capacité de voir au-delà et on est pris de court quand il avoue s’émouvoir encore des commentaires que peuvent faire certains clients. Tel celui laissé par un diplomate de l’ambassade de France qui s’est réjoui du fait que le jeune homme ait accédé à sa requête pour lui concocter quelque chose qui n’était pas au menu.

C’est qu’à force de travail, Rohans Luximon devient peu à peu un ambassadeur non seulement pour The Irish, mais également pour les produits et le savoir-fare mauriciens. A titre d’exemple, son soufflé chaud de kiwi a captivé le jury du concours qui, sans s’en rendre compte, revenait vers lui chaque cinq minutes. Son carpaccio de kiwi n’était pas fait seulement pour intégrer directement le soufflé à base de crème et de meringue. Il y incluait, en effet, une part de Fusion, l’un des vieux rhums de la Distillerie de Labourdonnais. Ce rhum regroupe neuf saveurs tropicales : agrumes, vanille, épices, gingembre, orange, café-vanille, orange-café, calamondin et citronelle. Et c’est justement la saveur du calamondin et de l’orange qu’il voulait faire remonter pour donner du répondant au kiwi.

Son intuition, il l’a travaillé avec David Boodhoo, dit The Legend, le patron du bar de The Irish. C’est lui d’ailleurs qui va l’encourager à s’inscrire au concours et quand il obtient l’agrément de Ronan Boucher, il comprend que son approche a du bon et qu’il peut y aller avec confiance. C’est ainsi qu’il se classe derrière Wesley Ittoo de Mokaz et Ulrick Jeremie St-Mart de l’hôtel Hennessy Park.

« Ronan était avec moi et m’a coaché. Ses conseils m’ont été utiles », dit-il. Les traits du jeune homme se fondent dans un sourire qu’illumine un regard humble et rempli de gratitude. C’est ce qui fascine d’emblée chez ce jeune homme. Il a une attitude qui vient dire que, sous sa casquette vissée à l’envers, il n’y a pas une grosse tête. « C’est quelqu’un qui veut apprendre. Il est avec moi depuis le début et il a passé son entretien d’embauche en déambulant avec moi dans les rayons du magasin d’équipements domestiques! », commente Chef Ronan qui se souvient de ces moments uniques coïncidant avec son installation à Maurice.

Bieber and Ronan

En deux ans, Bieber a appris que la cuisine ne se résume pas aux ingrédients et aux recettes. Il est aujourd’hui responsable de son équipe, six personnes sur qui, à son tour, il apprend à exercer cette camaraderie franche et ferme qui est la marque de Ronan. « La prise de décision fait partie de l’apprentissage, je m’attends donc à ce que mes collaborateurs en prennent. J’aime bien quand ils ont du mal à trancher et que nous avons à en discuter ensemble », explique Ronan qui croit que la personnalité de celui qui est en cuisine participe à l’expérience-client. Cela correspond bien à ce que Bieber nous confiait plus tôt : « Le chef est sympa ; je peux lui dire ce que je pense, je peux lui faire part d’une difficulté. C’est quelqu’un qui nous laisse trouver du plaisir à faire nos plats, à créer. J’aime bien sa façon de nous parler : il nous forme selon notre personnalité ».

Bieber and Team

Ses équipiers l’adorent ; comme Ronan, il n’a pas besoin de trop en faire pour être compris : il suffit que les instructions soient claires. Il est conscient que c’est par l’exemple surtout qu’il se fera respecter. « Kan mem staff manké, nou bizin tir manzé là. Le client est là et il a droit à un service impaccable », dit-il, pour bien faire comprendre qu’il n’entend pas tergiverser sur ses devoirs. D’ailleurs sur son mur Facebook, il a posté cette instruction du chef Joseph Depaola, du Culinary Institute of America : « Don’t take shortcuts. If you take them now, you will be taking them the rest of your life ». Le type d’instruction qui fait réaliser que Chef Ronan est en train de sélectionner des jeunes pousses pour les mitonner en Mauriciens atypiques… Ceux sur qui on peut compter pour la constance dans la qualité !

© Neologik Ltd. – 2017

Leave a Comment