Déco de fin d’année : l’histoire d’une très longue tradition

Qu’il fasse soleil, qu’il vente ou qu’il pleuve, The Irish marque certaines fêtes de manière plus prononcée. Après Halloween, nous voici à la saison des festivités de fin d’année où l’on célèbre plus particulièrement Noël, la fête liée à la Nativité, avec donc ses consonances religieuses, ainsi que le Nouvel An. Mais les cultures évoluent, nous rappelant au besoin qu’il n’en fut pas toujours ainsi. The Irish vous fait découvrir une tradition qui procède d’une très longue histoire ; celle du sapin qui devint le symbole de Noël et qui a connu une évolution dans sa décoration…

The Irish - Entrée EOY17 Rvsd

La tradition d’un arbre décoré est très ancienne puisque les Celtes décoraient déjà un arbre, symbole de vie au moment du solstice d’hiver. Les Scandinaves faisaient de même pour la fête de Yule, qui avait lieu à peu près à la même date que Noël. Mais vous serez surpris de savoir que déjà au IIe siècle, Tertullien, le célèbre théologien de Carthage (la Tunisie actuelle) se plaignait que les chrétiens d’Afrique du Nord décoraient leurs maisons de verdures, un symbole païen !

Ainsi, avant que la fête de Noel n’existe, on comprend qu’il existait déjà un rite païen lors des fêtes du solstice d’hiver, où l’on décorait un arbre, symbole de vie, avec des fruits, des fleurs, du blé. C’est à cette tradition celtique que l’on se réfère dès que vous accédez à votre pub ces jours-ci.

En 1560, au moment de la Réforme, les protestants se refusent à représenter la Nativité par une crèche comme les catholiques. Ils préfèrent développer la tradition du sapin de Noël, arbre qui symbolise le paradis d’Adam et Eve et la connaissance du bien et du mal. Ainsi au début du 16e siècle, le sapin de Noël était simplement décoré de pommes rouges, rappelant le pêché originel d’Adam et Eve. Puis on y ajouta des hosties non consacrées, les oublies, figurant la rédemption apportée par le sacrifice de Jésus.

Au 17e, le décor du sapin évolue avec l’ajout de fleurs en papier faisant allusion à un verset d’Isaïe : « Un rameau sortira de la racine de Jessé, et une fleur poussera de sa racine, et sur elle reposera l’esprit du Seigneur, esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de piété, et l’esprit de crainte du Seigneur la remplira ». Cette tradition se réfère à un chant allemand du 16ème siècle « Es ist ein Ros entsprungen » où il est dit :

D’un arbre séculaire,

Du vieux tronc d’Isaï,

Durant l’hiver austère,

Un frais rameau jaillit ;

Et sur le sol durci,

Dans la nuit calme et claire,

Une rose a fleuri.

The Irish - Bar EOY 17

Un petit air de Divali…

Plus tard, on accrocha une étoile au sommet de l’arbre, symbole de l’étoile de Bethléem qui guida les Rois Mages. Dès lors il conquit peu à peu les communes protestantes d’Allemagne du nord et les grandes villes et occupa une place de choix dans les églises des deux religions. Au XVII et XVIIIe siècle on vit les premiers sapins illuminés. Comme la cire était couteuse, on plaçait des coquilles de noix remplies d’huile à la surface de laquelle une petite mèche flottait ou des chandelles souples que l’on nouait autour des branches…

En France, l’arbre de Noël fut introduit à Versailles par Marie Leszcynska, femme de Louis XV en 1738. Les artisans travaillaient de nombreux matériaux comme le verre soufflé, filé, moulé, le métal, la cire et le bois. On fabriquait aussi des petits personnages en coton, des cheveux d’anges métalliques (origine lyonnaise). Ainsi, en 1806, une gravure représente un sapin décoré avec des petits personnages, des animaux, des oiseaux et des gâteaux découpés…

Au 18e siècle, de nouvelles décorations, dites de traditions populaires, sans rapport avec la religion font leur apparition comme des lames de métal afin de donner un côté brillant à l’arbre de Noël Entre le 18e et le 19e siècle, des friandises apparaissent sur le sapin pour le plaisir des enfants en replaçant les oublis comme des noix fourrées, du pain d’épice, des sucreries…

L’évolution des décorations

Fin 19e, le sapin devient de plus en plus clinquant, avec l’ajout d’anges en métal doré, d’étoiles en paille, de pomme de pin dorés, de cheveux d’anges, de guirlandes. Les bougies se généralisent sur le sapin.

Au début du 20e siècle, les bougies sont remplacées par des ampoules électriques Les divers éléments servant à son ornementation d’abord conçus à la maison, sont de plus en plus produits industriellement.

En 1837 Hélène de Mecklembourg, duchesse d’Orléans et d’origine allemande fait décorer un sapin aux Tuileries. En 1858, la boule de Noël en verre fait son apparition afin de suggérer les pommes, absentes cette année là du fait d’une sécheresse. Cette tradition du sapin décoré se généralisa dans tout le pays après la guerre de 1870. Les Emmigrés d’Alsace-Lorraine firent largement connaître la tradition du sapin aux français : « Là où il y a une famille alsacienne, il y a un sapin de Noël ». A la fin du XIXe siècle tout le pays l’a adopté.

Jusque dans les années 1950, l’Allemagne et les pays d’Europe de l’est restent le cœur de production des ornements d’art. Le Royaume-Uni, a importé cette tradition de l’Allemagne. Le London News a ainsi publié l’image de la reine Victoria et de son mari, Albert accompagnés de leurs enfants à côté d’un sapin de Noël tout décoré dans le château de Windsor au Noël de 1846.

Cette coutume de l’arbre de Noël fit ensuite son apparition aux Etats Unis. Ceci grâce aux soldats allemands pendant la Guerre d’Indépendance. Malgré la divergence entre Américains et Allemands, la Maison Blanche a été décorée d’un sapin de Noël en 1856.

The Irish - La déco

C’est à partir de 1880 que l’on a pu voir les premières décorations avec des ampoules électriques aux Etats Unis. Mais c’était tout de même rare car, au début du siècle, le prix d’une guirlande d’ampoules équivalait au salaire hebdomadaire moyen ! Mais l’accès à l’éclairage électrique allait très vite se démocratiser. Et, alors qu’on aurait pu croire que l’on allait en rester là, au 20e siècle, le sapin de Noël artificiel fit son apparition. Serait-ce la dernière étape de cette évolution ? Peut-être que demain aurons-nous un arbre de Noël qui apparaitra en hologramme pour se marier au décor victorien de The Irish…

Quoi ? Des serveuses robotisées pour servir les bières ? Ah, l’horreur ! Non, chez The Irish, il y a une âme, de l’histoire, de la culture, une manière d’être, le vivre-ensemble… C’est tout cela que l’on célèbre avec les Réguliers. Pour l’année qui s’achève et pour l’année qui vient.

Bonne Année !

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