Du Country, du Ska et du Rock: Lara Jade Greenfield et The Next Step pour une soirée grandiose

On renoue avec des accents très anglophones ce vendredi chez The Irish. En effet, c’est la chanteuse britannique Lara Jade Greenfield qui va assurer la première partie avec son répertoire Country et la finale sera composée des tubes de The Police avec le groupe The Next Step. Et bien entendu, sous le signe de Gister, on est sûr que ça va encore mousser.

Lara Jade Greenfield

Lara Jade Greenfield a un parcours insolite en tant qu’artiste aujourd’hui. Voilà une jeune Britannique qui poursuit sa recherche dans les arts du spectacle. Elle a été danseuse, puis actrice dans des films d’essai et, depuis trois ans, à partir d’une audition à Dublin, on lui découvre une voix certaine. Une découverte pour elle aussi.

Entre jouer de la guitare et écrire quelques chansons en dilettante et en faire une activité aux fins de représentation, il n’y a pas que le talent qui compte. Quoi qu’en pensent certains, c’est à force de travail que le talent est bien servi et permet d’asseoir un répertoire cohérent qui captive et séduit et pose une représentation constante. C’est la voie qu’a choisi Lara Jade qui s’est lancé dans cette voie en autodidacte, mais qui a choisi de se frotter à ceux qui ont le niveau certain. Ainsi, durant ces trois dernières années, elle a roulé sa bosse aux Etats Unis, parvenant même à jouer au fameux Hard Rock Café de San Diego, en Californie. Ce qui n’est pas rien.

Elle a enchainé avec une tournée de six mois en Italie en 2016 et un passage à Dubai avant de découvrir l’Ile Maurice dans le cadre de ses vacances. Mémorables au point de justifier un retour et, quand une artiste comme celle-là cherche à savoir où il y a de la bonne musique en live et si éventuellement elle peut s’y produire, il ne faut pas s’étonner qu’elle ait fin par atterrir chez The Irish.

Avec Lara Jade ce sera donc de la bonne musique Country et elle ne cache pas l’influence de Bod Dylan et de John Mayer sur son travail. La jeune femme, qui réside à Barcelone où elle mène ses activités d’actrice, entend déjà revenir à Maurice pour d’autres représentations.

La deuxième partie de la soirée est un temps pour le groupe Next Step de proposer son Tribute to The Police. Certes il y a des titres qui sont plus connus que d’autres. A Maurice, par exemple, les divers groupes interprètent moins les morceaux de l’album Synchronicity, moins diffusés à la radio et donc moins connus et aussi en raison de certains niveaux de complexité. Les chroniqueurs sérieux avanceront sans peine que Strength fut à la fin des années 70, le seul groupe à s’être attaqué avec brio à cet album très complexe et technique. Mais il faudrait peut-être davantage situer la démarche de ce groupe pour expliquer cette forte impression qu’il a pu laisser en une décennie d’existence.

Dans les années 70, le monde découvre le Ska beat. Une adaptation punk du reggae ; avec un riff monotone en version accéléré, tout le contraire du reggae qui chaloupe gentiment. Bref, un reggae haletant pour Brits speedés et que l’on a même fini par qualifier de ‘Reggae Blanc’ au grand dam de tous ceux qui portent dreadlocks. En version commerciale, ça avait donné par exemple ‘One Step Beyond’ du groupe Madness, l’architecture basique du Ska. Mais il y avait aussi les structures plus élaborées du groupe The Police qui allaient définitivement marquer la fin des années 70 et tout le début des années 80.

Alors que la carrière solo de Sting a fait de lui le survivant emblématique du groupe, en réalité il n’en est pas à l’origine. Car initialement, c’est Stewart Copeland, le batteur, qui avait le nom du groupe en tête. Il commença à travailler avec le guitariste Henry Padovanie, un Français. Sting, il le rencontre au cours d’un concert de Last Exit, le premier groupe de Sting. Il n’avait pas aimé le groupe, mais il avait adoré Sting. Les deux travailleront sur plusieurs demos au Virtual Earth Studio et parmi on trouvera ‘Visions of the Night’ et ‘Every little thing she does is magic’, deux morceaux qui deviendront des titres de The Police. C’est par le biais de ce projet que les deux rencontrent aussi Andy Summers qui rejoindra le groupe en juillet 1977. Toutefois, entre Andy et Henry, la relation est assez électrique : Henry est dans la démarche Punk, tandis qu’Andy est un musicien de studio appliqué. Quand le groupe rentre en studio avec le producteur John Cale, la tension entre les deux guitaristes est au plus haut et c’est ainsi que Henry décide de quitter le groupe.

Ce trio est le bon et va connaître le succès jusqu’en 83. Pour les connaisseurs, c’est l’année de la véritable rupture, avec un divorce officiel en 86 après la sortie de ‘Don’t stand so close to me’. Avec ce qui précède, la chanson offre de la perspective !

En 2003, le groupe avait fait une apparition lors du Rock and Roll Hall of Fame. C’est là que The Police mérite de figurer.

Sting est peut-être devenu cette figure emblématique parce qu’il aura écrit les textes les plus déterminants et, en outre, il est un musicien d’une remarquable rigueur exceptionnelle. Ses textes ont sans doute fait mouche pour une raison majeure : en effet, beaucoup ignorent que le bassiste qui avait les cheveux platine dans The Police avait été prof de philo auparavant. Aussi, ne faut-il pas s’étonner, avec des titres comme ‘Spirits in the Material World’ par exemple, qu’il ait entrainé The Police dans des voies à la fois philosophiques et politiques. Quoi qu’il en soit, ce groupe demeure le groupe phare de la fin des années 70, la période qui, paradoxalement, marque, pour les grandes métropoles occidentales, ceux que l’on considère la génération perdue… Comme quoi tout n’est jamais perdu.

© Neologik Ltd. – 2017

Leave a Comment