La magie de Zulu pour le dernier vendredi de l’année

C’est avec Zulu que The Irish va clore la série des soirées live du vendredi de cette année 2016. Zulu sur scène, c’est un spectacle d’un genre particulier. Avec ces textes choisis pour dire la poésie qui l’habite, l’homme de Mahébourg captive son audience au-delà des âges. Avec lui, les hommes s’enhardissent pour chanter ; les femmes se trémoussent alors que lui se déhanche gauchement et ne cache pas son ravissement de l’effet que ça leur fait.

zulu

Zulu est venu apporter à la chanson mauricienne la part de poésie qui lui manquait. Des balades et des romances pour dire des sentiments sur des lieux, il a une manière bien à lui pour évoquer des situations et des circonstances qui permettent à un vaste ensemble de Mauriciens de se reconnaître et de s’émouvoir ensemble. Alors qu’au plan local on naviguait dans un véritable désert musical ponctué des « tilélaé » et autres démarches « kiltirel », Zulu a su donner à la chanson à texte cette place privilégiée où l’on voit poindre la remarquable sensibilité des paroliers Mauriciens et les fascinantes compétences de certains musiciens pour la composition et les arrangements.

Zulu est un artiste ouvert aux multiples genres musicaux, mais si on s’accorde à le reconnaître comme un artiste unique c’est bien parce qu’il n’a jamais prévu de faire les choses comme les autres. L’individu fonctionne à l’intuition ; il comprend très vite quels sont les morceaux qui correspondent à son timbre marqué par ce grain de voix qui fait son identité de chanteur.

Il n’a pas pris de cours de chant ; d’instinct il a compris qu’il pouvait placer sa voix, attaquer une phrase avec quelquefois ce léger contretemps qui force l’attention du spectateur et le transporte dans le flot d’émotions qui agite cet homme au moment où il occupe la scène. Car, Zulu est une bête de scène et il ne cache pas son ravissement quand il communique son énergie bestiale à son public. C’est une forme de communion qui se produit et il en est lui-même séduit. Il s’arrête parfois sur scène pour contempler l’extase ; il est alors comme un sorcier, enchanté d’avoir pu convoquer les esprits qui donnent du relief à la poésie qui anime sa carcasse maigre. Voix unique, physique de félin, cet homme exerce une étrange fascination sur ceux qui viennent l’écouter. C’est ce phénomène atypique qui poncturera le dernier vendredi de 2016 chez The Irish.

 

 

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