L’amour au temps de la dérision…

Une fois n’est pas coutume : The Irish marque sa singularité en rééditant sa fête destinée aux êtres en solo à l’occasion de la Saint Valentin. Avec une série de quatre cocktails spécialement conçus pour l’occasion et qui expriment, avec un réalisme quelque peu déconcertant, la part de frustration sexuelle que la situation engendre. Sont-ils célibataires parce qu’ils ne pensent qu’à ça ? Entre testostérone et romantisme à l’eau de rose, le bar souhaite à chacun de trouver son juste milieu.

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Gabriel Garcia Marquez nous pardonnera cette tournure au titre de son ouvrage. Le titre de notre article sert à rendre compte d’une situation bien particulière : au moment où l’on célèbre la Saint Valentin, ceux qui sont en solo n’ont certainement pas envie de se morfondre dans leur coin. D’ailleurs, en matière de fêtes, ils se présentent comme les meilleurs fêtards que l’on puisse croiser sur la planète et leurs dispositions expliquent, en grande partie fort probablement, leur état de célibataires.

Qu’à cela ne tienne, à défaut de pouvoir faire l’amour comme ceux qui sont en couple, David Boodhoo, le maître mixeur de The Irish, propose aux célibataires d’user de ce dont ils disposent : faire l’humour ! Sans modération. Avec provocation.

Mais que l’on se rassure : chez nous, rien de sexiste. Chez The Irish, il est de règle qu’une fille soit souveraine au bar ; elle a droit au respect et elle a la garantie d’être à l’abri de tout commentaire déplacé ou graveleux. Le bar n’accueille pas des boutonneux qui peinent à sortir de la puberté. La chose est claire : les célibataires ne sont pas exempts de galanterie. C’est même une condition sine qua non… pour ne pas être tripoté par les videurs !

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C’est la provocation dont il était question plus haut. C’est quand le bar se laisse inspirer par le plaisir solitaire… Mais, il n’y a pas de raison pour que ce plaisir ne soit pas élaboré ! Ainsi, on trouve ici de l’Amaretto d’abord, la fameuse liqueur très douce et sucrée, au goût prononcé d’amandes. Elle a une couleur ambrée, comme du caramel. Au nez, elle révèle des senteurs très vives d’amandes et, au goût elle est plutôt sucré et très doux. Puis vient le Bailey’s, cet alcool conçu pour être une alternative au whiskey, parfois jugé trop fort pour certains consommateurs. Ainsi, le Baileys est doux, crémeux, et facile à boire. Cette liqueur de whiskey permet de réconcilier un public non amateur de whiskey, par un alcool plus en nuance. Celui-ci est produit sur la base d’un mélange alliant du whiskey irlandais et de la crème fraîche, qui lui vaut un goût particulièrement doux. Son goût, très agréable en bouche, en fait un alcool idéal pour les apéritifs. Sur ce mélange savant, culmine une touche de crème Chantilly.

Say my name

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Très suggestif, ce cocktail a la Tequila comme base. Cette fameuse boisson alcoolisée est produite au Mexique à partir d’une plante nommée Agave tequilana. Mais, pas n’importe où, dans certains endroits du Mexique seulement. En quelque sorte les AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) bien avant la lettre, soit avant même l’arrivée des Conquistadors Espagnols. Puis la boisson s’est répandue avec l’arrivée du chemin de fer et, depuis un siècle, a fini par trouver sa place dans le monde. A la Tequila, s’ajoute une mesure de liqueur de cerise et de jus de cranberry, ainsi que du sirop de grenade. Le tout reçoit quelques gouttes d’amer de cerise et devrait vous inciter… à dire le nom de la personne qui occupe vos pensées. Il existe dans le discours populaire, une boisson que l’on désignait dans le temps comme « dilo dir Oui… »

Fleur du Mâle…

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On prend aussi un peu de liberté avec Charles Baudelaire ; il en a bien pris, le poète, quand il était chez nous, sachant qu’il a puisé de son séjour chez nous, les éléments de son chef-d’œuvre : les Fleurs du Mal. Baudelaire et ses éditeurs furent condamnés pour outrage à la morale publique, de même qu’aujourd’hui des moralisateurs pourraient chipoter sur la subtile suggestion florale du verre pour ce cocktail. Rappelons que Baudelaire avait succombé aux charmes d’une belle créole, Jeanne Duval, qui devint sa compagne à la rue de La Femme-sans-Tête… On prétend que c’est avec elle que Baudelaire attrapa la syphilis et qu’elle en mourut aussi. L’amour, autant en ce temps-là qu’aujourd’hui, n’était pas sans danger !

Bref, ici c’est la Vodka qui sert de base à notre cocktail. Il s’agit d’une eau-de-vie, principalement distillée à base de céréales, mais également de pomme de terre. Distillées à très fort degré, et ensuite coupées à 40%, les versions les plus répandues en Europe de l’ouest sont des alcools blancs, non-vieillis, et dans lesquels on ne discerne que très peu voire même pas du tout le goût des ingrédients de base, le but étant de produire un alcool assez neutre. Mais, il y a eu de nombreuses avancées dans le domaine de la distillation de la vodka et dans certains pays de l’est, on en trouve même avec de légères teintes jaunes. Pour ce cocktail, David Boodhoo y ajoute de la purée de fraise ainsi que de la grenadine. Et en tournant son morceau d’agrume dans le verre, il commet à son tour une entorse à la morale publique. Autre temps, mêmes mœurs.

Polygamy

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Alors là mesdemoiselles et mesdames, lisez attentivement. On ne vous aura jamais parlé aussi franchement et cela va vous faire un bien fou. La polygamie, c’est le fantasme absolu des machos. Et ils sont hypocrites en plus. Oui, on peut l’affirmer, parce qu’il est possible de le démontrer. Essayez-vous même quand un freluquet essaiera de vous convaincre. Regardez-le droit dans les yeux, sans perdre votre calme et dites-lui que vous y êtes favorable… pour peu que les femmes puissent prendre autant de partenaires qu’elles le souhaitent!

Si l’animal déguerpit ou reste sans voix, vous pouvez nous mettre un petit commentaire de remerciement plus bas. Car, ces énergumènes comprennent polygynie quand il est question de polygamie. En somme, pour que la polygamie ne soit plus perçue aussi négativement, il faudrait légitimer, au même titre, la polyandrie !

Mais, revenons à ce breuvage fait aussi à base de Vodka. La variante ici c’est l’usage de la crème de cassis. Ceux qui s’y connaissent savent qu’on la déguste généralement avec du vin blanc et c’est ce qui donne le fameux kir. Pour le kir royal, on utilise du champagne. Sauf qu’ici, David Boodhoo s’en sert pour allonger sa vodka et y ajoute une purée de fraise et du sirop d’hibiscus. Avec un peu de citron frais et de l’amer d’orange, on obtient un breuvage fait de multiples saveurs. Une polygamie qui plaira aussi bien aux hommes qu’aux femmes.

© Neologik Ltd. – 2017

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