LIN: sans son groove, la vie n’aurait plus le même goût

Longiligne comme un coureur de marathon, sapé comme un frimeur du Bronx : Lin est un chanteur qui a une présence certaine. Plébiscité autant par les auditeurs de Radio One que ceux de Radio Plus pour sa chanson « San Ou » pour le disque de l’année, Lin vient fouler la scène de The Irish ce vendredi avec son groupe Otentik Groove. Le cadre du pub a exercé une grande fascination sur le groupe qui s’y trouvait pour leur photo officielle. Que le groupe finisse par s’y produire apparaît donc comme une suite logique.

LIN

Lin a démarré 2017 en entreprenant une première tournée australienne avec Otentik Groove. Une démarche qui scelle une belle collaboration entre Chris Jo Clair et Jason Heerah et désormais ils sont à considérer les concerts pour leurs fans de la diaspora mauricienne partout dans le monde.

Lin est parvenu, avec son album « Mo Réconpans », à imposer sa démarche particulière qui combine le RnB, le zouk love et le ragga. Chris Jo Clair a su se fier à son flair en découvrant les compositions du jeune chanteur qui avait déjà fait un bout de chemin avec Negro Pou Lavi. Et le guitariste d’Otentik Groove ne tarda pas à élaborer une identité sonore pour Lin qui devint presque naturellement le chanteur du groupe. Car, il faut le préciser, Otentik Groove est un orchestre qui évolue sur plusieurs registres pour honorer les contrats d’animation que ce soit dans les établissements hôteliers ou dans les night clubs. Chris Jo n’est d’ailleurs pas un inconnu dans le milieu des artistes, et nombreux sont ceux qui font beaucoup appel à ses talents de guitariste pour leurs projets.

La rencontre avec Jason Heerah aura été déterminante aussi pour renforcer cette identité sonore. Chris Jo et lui se connaissent depuis 2012 et quand le projet de Lin commençait à prendre forme, le trio s’est retrouvé à La Réunion et Jason Heerah a apporté sa touche aux arrangements. Il y avait outre l’éclat d’une belle sonorité dans le mélange instrumental et vocal, il y avait aussi le punch très particulier dont Heerah a le secret, notamment dans la savante combinaison entre la basse et la batterie.

Au-delà, il y a la sensibilité du chanteur qui sait dire les choses en y mettant une part de pudeur pour pas que les sentiments ne jouent au trouble-fête. D’ailleurs, n’a-t-il pas choisi justement ces rythmes entrainants pour que son public se laisse aller au déhanchement ? Et c’est lorsque les corps ainsi se libèrent que l’on réalise qu’il y a de ces artistes qui peuvent, le temps d’une chanson, enlever les poids qui accablent les êtres et leur rend la vie trop lourde à porter…

Lin est un chanteur qui parvient à donner une forme de légèreté à ce qui pourrait paraitre grave. Avec son accoutrement d’artiste black insolent, il invite au pied de nez à sa condition. C’est vrai que Cité La Cure est à Port Louis ce que le Bronx est à New York City et on y trouve ici comme là-bas des artistes animés de cette envie de donner le meilleur d’eux-mêmes dans une nouvelle approche décomplexée de la musique. Ceux-là savent se dire que ce qui plait dans les cases des bidonvilles devrait être tout aussi bien pour les salons huppés. Et la musique donne toujours raison à ceux qui ne la cloisonnent pas!

© Neologik Ltd. – 2017

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