Movember: Cocktails pour des moustaches savoureux!

« Ne te laisse jamais embrasser par un homme sans moustaches; ses baisers n’ont aucun goût, aucun, aucun! Cela n’a plus ce charme, ce moelleux et ce… poivre, oui, ce poivre du vrai baiser. La moustache en est le piment » : ces propos sont de Guy de Maupassant, dans Boule de Suif. C’est après la soirée passée chez The Irish ce vendredi que les uns et les autres pourront dire s’il s’agissait là de propos avisés. Les Réguliers ont été prévenus à l’avance et le pub devrait avoir une légion de moustachus. Et pour apporter d’autres saveurs que le poivre et le piment de Maupassant, David Boodhoo s’est évertué à concocter de nouveaux nectars qui rendront les moustaches encore plus savoureux.

Bonnie & Clyde

Voilà un cocktail avec des références multiples. Il y a bien sûr l’histoire d’amour de Bonnie Parker et Clyde Chesnut Barrow, deux tourtereaux de Dallas qui deviennent des braqueurs qui ratissent des banques et des commerces au Texas, l’Oklahoma, le Misouri, la Louisiane et le Nouveau Mexique. Leur gang ne fait pas dans la dentelle et les pertes de vie sont conseequentes. Nous sommes dans les années 30, au temps où l’Amérique connaissait la crise, avec notamment le crash boursier de Wall Street. Inimaginable pour les gens aujourd’hui.

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Puis il y a le gin Tanqueray qui est la référence-même du London Dry Gin. Ce gin offre un goût croquant et sec et révèle des notes de genévrier avec un soupçon d’épices et une finale sèche. Le Tanqueray est un gin mythique parce que sa recette demeure un mystère que personne n’a percé à ce jour. Elaboré par Charles Tanqueray vers 1838, ce gin s’exporta très vite vers les Etats-Unis, et même au temps de la Prohibition, il s’exporta vers les îles proches de la côte américaine et on imagine la suite.

En France cette fois, ce sont les frères Cointreau qui réalisent vers 1850 une vieille recette de liqueur de cerises qui obtient un certain succès populaire. Édouard Cointreau invente en 1875 un nouveau procédé de distillation, pour obtenir un triple sec, un liquide transparent trois fois plus concentré en arômes et moins sucré que les productions de l’époque. Cette liqueur Cointreau, à la saveur d’écorces d’orange, fait le succès de l’entreprise et s’exporte aussi aux USA, grâce entre autres à sa campagne publicitaire innovante pour l’époque : l’usage du film cinématographique avec l’apport des frères Lumière.

C’est sur cette base de deux grands alcools que David Boodhoo a élaboré son cocktail qui rend hommage à Bonnie & Clyde, les héros révoltés d’une époque tourmentée. Il y ajoute du citron frais, et ceux qui ont le palais exercé y trouveront la saveur d’un sirop de violette et de l’amer de cerise.

Magnum, P.I.

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Dans le cadre de ce Movember, il convenait de rendre hommage au moustachu le plus célèbre : Tom Selleck, alias Inspecteur Magnum, de la série télévisée du même nom qui a connu un succès planétaire entre 1980 et 1988. C’est dans cette même période, en 1987 plus précisément, que Thomas E. Bulleit Jr, un vétéran de la guerre du Vietnam réalise son fameux whiskey à Lawrenceburg dans le Kentucky. C’était le rêve de sa vie : son bourbon est élaboré selon une recette transmise depuis cinq générations ! Le Bulleit fut inventée à l’origine par son aïeul Augustus Bulleit, émigrant français dans les années 1830. Ce whiskey du Kentucky se remarque par sa prépondérance du seigle. La qualité de l’eau naturellement filtrée par le calcaire et le vieillissement en fûts de chêne américains brûlés contribuent aussi à la réussite de ce bourbon déjà bien récompensé.

David Boodhoo le travaille avec du jus de citron frais, du sirop de thym et l’allonge avec du ginger ale.

Tiki Bang Bang

Nous sommes peut-être là dans ce qu’on pourrait qualifier de clin-d’œil d’artiste. C’est comme si David Boodhoo se permettait de taquiner un autre grand de la mixologie, en l’occurrence le Bulgare Georgi Radev, célèbre barman de Londres. Le Tiki Tiki Bang Bang de celui-ci fait appel à des extraits de fruits et c’est sur ce registre que David Boodhoo lui donne du répondant. Il utilise, en effet, de la liqueur de banane, du jus de mangue et d’orange, un sirop de Falernum et de l’amer d’orange. Et pour sa base d’alcool, il fait appel au Labourdonnais Spiced Gold qui, comme son nom l’indique, est un rhum épicé et fruité. On y trouve des notes d’écorce d’orange, de canelle, de vanille, « et un bouquet d’épices religieusement gardé secret par la distillerie de Mapou », pour citer le site de revue Excellence Rhum.

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La culture Tiki se reporte à une certaine manière de travailler le bois, selon les méthodes traditionnelles de la Polynésie. On y grave en effet des figures de la riche mythologie de ce peuple et c’est ce qui donne ces verres avec des visages où l’on confond les lèvres et les moustaches.

Burt F*cking Reynolds

Cascadeur, acteur et producteur, Burt Reynolds aura été numéro un au box office entre 1978 et 1982. Sa physionomie particulière tient de sa double ascendance Cherokee et Irlandaise. Il aurait pu connaître un succès aussi phénoménal que celui de son contemporain Clint Eastwood, mais il n’a pas cru dans certains films qu’on lui proposait. Comme, par exemple, Star Wars ! Mais le superstar moustachu de Floride savait faire sensation : comme poser nu dans le magazine Cosmopolitan.

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David Boodhoo rend hommage à cet acteur exceptionnel en changeant complètement de registre pour se tourner cette fois vers le Drambuie, un joyau des alcools d’Ecosse que l’on méconnait. Le Drambuie est une liqueur fabriquée à partir de Scotch, mais pas n’importe lequel. Même si sa recette demeure secrète – ce qui est remarquable car, elle date de 1746 – on sait maintenant que le whisky utilisé aujourd’hui est un Talisker, un Single Malt de 15 ou 17 ans d’âge ! Or, le Talisker, c’est toute une légende. Sa distillerie date de 1830 et se trouve sur l’île de Skye en Ecosse et c’est la seule distillerie présente sur cette île.

Pour comprendre l’importance de cette distillerie, il suffit de réaliser qu’elle appartient aujourd’hui à la compagnie Diageo et fait partie de la gamme des Classic Malts. En outre, en septembre 2014, William Grant & Sons (la société qui produit le Single Malt Glenfiddich) annonçait l’acquisition de Drambuie pour un montant toujours inconnu.

C’est à cette liqueur que David Boodhoo joint une part d’Aperol, un apéritif qui est rond en bouche avec des arômes d’orange et des notes boisées. La finale en bouche est prolongée sur une amertume végétale et une touche vanillée des plus agréables. Le breuvage est davantage complexifié avec un peu de Martini rouge, du sirop de Popcorn et du Bitter Old Fashion. Le tout est servi dans un verre à whisky classique et arrondi avec une boule de glace.

© Neologik Ltd. – 2016

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