Plaisir Coupable avec Prakash Sumputh : Disco Never Dies !

On finit par s’apercevoir du talent des DJs par la manière dont ceux-ci s’inscrivent dans la durée. Prakash Sumputh est de ceux-là et on le reconnaît maître de deux décennies de la période disco qu’il remet au goût du jour, à un point tel que ce sont des jeunes de la génération Y qui le sollicitent pour ce qu’ils considèrent leur plaisir coupable : vibrer sur ces rythmes qui existaient avant même leur existence chromosomique… Et ce samedi 29 juillet, c’est lui qui sera à la manette chez The Irish pour rallumer le feu des années 80.

Prakash

N’est pas DJ qui veut. Ce n’est pas celui qui s’excite devant les boutons et qui s’émerveille en considérant les effets produits par la machine et qui finit par se prendre… pour un musicien ! C’est le comble, mais le ridicule ne tue pas ; dommage. Aussi quand on considère ceux qui survivent dans ce métier, on s’aperçoit qu’ils sont tels des curateurs qui savent développer une thématique et présenter la musique comme s’il s’agissait d’une exposition. Et ce niveau de professionnalisme, le DJ n’est pas qu’un pousseur de mix ou un détraqué du sampleur ; c’est un professionnel de l’ambiance. C’est à ce niveau qu’évolue Prakash Sumputh et son exposition du disco des années 80 n’est pas pour des carcasses que l’on destine au musée, mais qui, au contraire, ont des énergies encore bien juvéniles.

On considérait le disco moribond à la fin des années 70, on le donnait pour mort au début des années 80. Pour cause, cette décennie est celle de la présidence de Ronald Reagan, le président américain Républicain incarnait un père-la-morale. Son mandat présidentiel s’étendit de janvier 1981 à janvier 1989 et l’ancien acteur de Hollywood était devenu le porte-étendard du regain du puritanisme américain.

Ronald Reagan a deux facteurs qui jouent alors en sa faveur : un début de désaffection des discothèques et l’apparition du sida. La presse américaine titrait déjà « Disco is dead ». Mais c’était sans compter tout le lot des nostalgiques réécoutant leurs cassettes de Boney M ou des Village People. C’est aussi la période qui marque l’apparition des synthétiseurs qui va faire évoluer le genre disco en Europe cette fois et on assiste à l’émergence de ce qu’on appellera la New Wave et son courant de Synthpop (Depeche Mode, Pet Shop Boys, Eurythmics). Les DJs vont faire les premiers « Remix », la multiplication des versions qui va entrainer à nouveau les foules sur les dancefloors. Ce qui va donner l’apparition du slogan « Disco never dies ».

Le Remix va inculquer la culture de l’échantillonnage, le fameux « sampling » des éléments d’une chanson qui vont faire l’objet d’une accentuation de ses points forts : un beat ici, un riff de guitare là et des accords planants au synthé pour marier le tout.

Upside Down, la chanson de Diana Ross en 1980 était en quelque sorte prémonitoire de cette décennie. Et c’est amusant de constater qu’elle finira par proposer I Will Survive dans son album Take me Higher qu’elle sort en 1995. C’est la chanteuse qui résume le mieux cette période incertaine pour le disco et qui donnera pourtant naissance à d’autres genres musicaux : dance, house, techno, electro, hip-hop et funk.

Prakash Samputh

La culture du disco de Prakash Sumputh se forge dans les méandres de ce temps exceptionnel. C’est le temps des baladeurs, avec la Sony Walkman qui en est la référence de marque. Il écoute I Feel Love ou Never Can Say Goodbye de Jimmy Sommerville, sorti d’on ne sait où pour faire taire les Bee Gees. Il est confronté à des groupes comme Chic ou Imagination ou encore Kool and the Gang. Jean-Michel Jarre propose des éléments planants mais il n’est pas évident de les remixer ; par contre, Supernature le tube de Cerrone fait un carton d’emblée. Patrick Juvet parvient à s’inscrire dans cette mouvance mondiale avec I Love America et Où sont les Femmes ? La période est riche de sonorités incroyables avec quelques trouvailles de génie de certains chanteurs de rock qui viennent aussi se frotter au disco. Ainsi, Rod Stewart sort Do you Think I’m Sexy et les Rolling Stones : Miss You et Emotional Rescue.

Avec ce nouvel événement signé Le Lab, The Irish, plus que jamais, affiche sa volonté inébranlable pour être le lieu de rendez-vous d’une culture vibrante pour les Plaines Wilhems. Le doute n’est plus permis.

© Neologik Ltd. – 2017

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