Stephan Gébert fait un carton avec ses tubes

Stephan Gébert revient chez The Irish ce vendredi, pour animer une de ces soirées dont il a le secret. Il a grandi en écoutant les disques qu’appréciaient ses parents. Aujourd’hui il apprend à découvrir les goûts musicaux de ses fils. Cette aptitude à l’écoute lui procure un immense répertoire qui plait à plusieurs générations. Et, en outre, quand on dispose, comme lui, d’une tessiture permettant une voix à la puissance et à l’harmonique constantes, le résultat est tout simplement époustouflant.

STEPHAN GEBERT

A part ceux qui ont un répertoire de standards du jazz, peu de chanteurs osent s’aventurer dans les ‘oldies’ au-delà des années 80, considérée comme la décennie la plus riche en terme de création musicale. Stephan Gébert apporte l’exception qui confirme la règle : il va puiser jusque dans les années 60 et même 50. Il nous ramène ainsi Elvis Presley, Cliff Richard, Engelbert Humperdinck, Jim Reeves et les Beatles. Et il les fait exister comme s’ils étaient des contemporains de Sting ou de Bruno Mars !

Mais, attention : Stephan Gébert n’est pas un chanteur de vieux tubes ; il n’est pas l’équivalent d’un juke-box oublié dans un vieux tripot de Beau-Bassin ou un télébox des années 60 à Curepipe – Pour les plus jeunes : le télébox est l’ancêtre de YouTube, et des clips musicaux ; c’est la VOD (Video on Demand) avant la lettre. Il ne correspond certainement pas au cliché de la vieille cloche qui ramène sa fraise avec un karaoké ringard et qui plombe l’atmosphère d’une soirée!

C’est qu’à force de représentations et de travail acharné, Stephan Gébert a fini par développer un savoir-faire qui lui permet de revisiter les tubes plus anciens en considérant une orchestration adaptée au goût du jour, mais sans en dénaturer le caractère. Cette approche intelligente lui permet de faire découvrir à son public le relief de certaines chansons que l’on percevait moins bien à l’époque pour des raisons technologiques. Ce procédé est presque l’équivalent de mettre de la couleur sur les photos anciennes comme pour les confronter aux regards actuels.

La démarche de Stephan Gébert est astucieuse à plus d’un titre. Il peut, par exemple, entamer ‘Boogie Wonderland’ de Earth Wind & Fire, ou ‘Master Blaster’ de Stevie Wonder et enchainer avec ‘When I was your Man’ de Bruno Mars. Ainsi, il peut procéder à des enchainements époustouflants qui gardent son public en haleine, chevauchant des années comme s’il avait des bottes de sept-lieux.

Avec lui Bon Jovi, Sting et Frank Sinatra cohabitent sans problème parce qu’il aime les chansons à texte. Et il ne se laisse même pas arrêter par la barrière de la langue parce que ‘Ecris l’Histoire’ de Gregory Lemarchal peut donner suite à ‘Don’t Stop till you get enough’ de Michael Jackson, sans que la francophonie ne jure aux oreilles de son auditoire.

En fait, un show de Stephan Gébert est un comme un concentré où l’on retrouve une part d’apprentissage pour les oreilles, des enchainements d’époque et de genres musicaux et un sens du spectacle soigné qui lui vaut sa réputation de showman.

© Neologik Ltd. – 2017

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