Stéphanie Tobie et Les Inkonus, au temps du groove local

Les artistes sont jeunes chez The Irish ce vendredi; mais ils ont du métier.

Stéphanie Tobie, des standards épicés de maloya et de séga

Stéphanie Tobie, des standards épicés de maloya et de séga

Stéphanie Tobie était la seule voie féminine de One Man Show’z sur la scène du Baz’Art en avril dernier. Cette chanteuse de 27 ans, assise derrière son piano, en impose par la manière dont elle se frotte à divers registres. Elle n’est certainement pas une débutante : issue d’une famille de musiciens – avec maman à la basse et le père au piano – c’est sans étonnement qu’on la retrouve au Conservatoire François Mitterand à huit ans. Ses parents l’y avaient inscrite pour des cours de violon, mais mademoiselle s’essaie au piano paternel et y prend goût.

Stéphanie Tobie est la démonstration même que le travail rend hommage au talent. Sa formation rigoureuse montre une maîtrise certaine de son sujet et alors qu’un accompagnement au piano donne habituellement aux chansons un caractère dépouillé, elle a suffisamment de perspective pour les enrichir chromatiquement avec des arrangements astucieux. Osons le dire : avec sa sensibilité et son art, dans quelques années, avec un peu plus de patine dans la voix, cette jeune fille serait comparable à une Beverley Craven !

Pour l’instant, elle nous force au respect par ses reprises de Stevie Wonder, Alicia Keys, Jamie Callum et Harry Connick Jr. Et, c’est vrai qu’elle ose des rythmes créoles sur certains morceaux d’anthologie… comme cette Javanaise qu’elle interprétait lors de la finale de Talents by Mouv l’année dernière et qui aurait pu, par cette manière de flirter avec le séga et le maloya, ressusciter Serge Gainsbourg! Mais tout s’explique : Stéphanie ne cache pas son attirance pour les deux créateurs des îles-sœurs, Meddy Gerville et Davy Sicard. Un jour peut-être chez The Irish ? Avec la réputation du pub irlandais qui continue de s’étendre, il est permis de rêver.

Les Inkonus, pas du tout méconnus

Les Inkonus ont choisi dès le départ de se démarquer en optant pour une démarche acoustique. L’ossature de ce groupe de huit jeunes est originaire de Pointe-aux-Sables et ils ont constitué leur répertoire autant de covers que de leurs compositions qui mêlent la bossa, le zouk, le seggae et le séga. Ils séduisent dès les premières notes des covers repris de fort belle manière par Lucas et Lionnel Cupidon ainsi que Bernard Moonsamy (Ces deux derniers sont déjà passés sur la scène de The Irish).

Les Inkonus

On peut dire que ce groupe a du métier car cela fait bientôt cinq ans que cet ensemble évolue dans de nombreuses représentations. Il serait question d’un album en préparation et les amateurs de la création locale auront peut-être quelques titres en primeur…

© Neologik Ltd. – 2016

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