The Prophecy: Murvin Clélie, du début à la fin…

Il y aura du reggae ce vendredi chez The Irish. De l’excellent reggae local avec l’accent propre du groupe The Prophecy et, Murvin Clélie, son chanteur charismatique, a ce don merveilleux de transporter son public dans une communion intense avec ses émotions.

The Prophecy

La présence scénique de Murvin Clélie est indéniable. Elle n’est pas faite que d’effets travaillés ; c’est plutôt un jeune homme qui fonctionne à l’instinct et qui sent son public comme un courant qui le traverse et à qui il donne de l’énergie en retour. C’est dans ce va-et-vient que son spectacle est construit et les musiciens de The Prophecy l’accompagnent comme s’il était un prêcheur des mouvements évangéliques : ils marquent seulement le tempo quand il s’adresse à la foule et relancent l’accompagnement à l’acclamation du public pour la parole révélée !

Car, Murvin Clélie n’est pas qu’un chanteur. C’est un auteur et un compositeur qui a tant de choses à dire. Partant de sa philosophie de rastafarien, il y a des valeurs qu’il lui semble nécessaire d’évoquer, une vision de fraternité à partager, l’espérance à reprendre en chœur comme un psaume pouvant conjurer le sort mauvais… Mé wi, nou pou sirmonté !

The Prophecy 2

Le rastafarisme n’est pas qu’un effet de mode qui a donné un style musical. C’est une culture fondée aussi sur une forme de religiosité s’inspirant du judaïsme des origines, et les rastas se reconnaissent comme les enfants de la tribu de Judah. Ainsi, Murvin Clélie, le prophète en dreadlocks arbore une croix, dont on ne peut dire s’il est en Tau ou s’il s’agit d’une croix ansée. Ce n’est certainement pas un signe anodin : le Tau est la dernière lettre de l’alphabet hébraïque et dans la Torah, le livre sacré du judaisme (une grande partie de l’Ancien Testament pour les Chrétiens), on lui confère une valeur symbolique. Ainsi, on peut lire ce passage dans le livre d’Ezéchiel : « L’Eternel lui dit: Passe au milieu de la ville, au milieu de Jérusalem, et fais une marque sur le front des hommes qui soupirent et qui gémissent à cause de toutes les abominations qui s’y commettent. »

C’était le signe qui est censé protéger les pauvres d’Israël de l’extermination. Mais la symbolique est encore plus riche ; elle trouve écho chez les chrétiens qui se réfèrent au livre de l’Apocalypse. Car, la dernière lettre de l’alphabet hébraïque renvoie à la fameuse phrase : « Je suis l’Alpha et l’Omega, le premier et le dernier, le principe et la fin ». Mais, s’il s’agit de la croix ansée, la symbolique renvoie à l’Egypte ancien ; c’est le Ânkh, attribut des dieux égyptiens. Elle renvoie aussi au symbole de l’église Copte, l’église d’Alexandrie de l’évangéliste Marc, avec celle de Saint Thomas dans le sud de l’Inde, il s’agit de l’une des plus anciennes églises du monde. Avec le Ânkh, la boucle est bouclée, avec le Tau, nous sommes dans le début et la fin, l’éternel recommencement…

Dès lors, on cerne mieux la pertinence de ce nom The Prophecy. Murvin Clélie est sur scène un peu comme Alpha Blondy dont chaque concert est un rituel mystique. Les prophètes rastafariens prêchent en reggae. Murvin et The Prophecy invoquent les esprits bienfaisants et le public finit par se reconnaître et entonne, avec son prophète, des chants d’espoir et d’espérance. The Prophecy travaille sur un deuxième opus. Plus d’une dizaine de titres au programme. Les Réguliers de The Irish auront-ils la primeur de quelques titres ? Seuls ceux qui seront présents ce vendredi pourront le dire.

© Neologik Ltd. – 2017

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