Unmind : avec le grunge, prendre son pied sans se prendre la tête !

Encore du rock cette semaine, avec le groupe UNMIND qui se produit ce vendredi soir pour la première fois chez The Irish. Du rock, mais dans une version sans compromis puisque ce groupe se consacre au Grunge, le type de rock avec des guitares fortement saturées et des musiciens qui rejettent la démarche théâtrale des représentations. Bien entendu, c’est l’aspect paradoxal de la chose puisque, en choisissant de faire de la musique plutôt que de se donner en spectacle, un concert de Grunge est, somme toute, un show plutôt délirant.

Unmind

Unmind est un groupe mauricien avec une démarche assez particulière car, déjà on les retrouve avec deux bassistes sur scène, ce qui indique autant un accent prononcé sur la profondeur que sur un jeu rythmique et harmonique enrichi. Baker, le chanteur et guitariste du groupe, lui-même bien soutenu par un Lead Guitar, peut alors se lancer sur les reprises des groupes tels que Nirvana, Seether, Foo Fighters, Silverchair et Puddle of Mudd.

Certes, Nirvana est sans doute le groupe le plus connu du public des non-initiés, car c’est l’un des premiers groupes faisant du rock grunge à signer chez un major, accédant ainsi au réseautage des radios qui assurent à leur tour de belles ventes. L’arrivée de Kurt Cobain dans ce groupe a eu un effet certain dans son décollage puisque déjà les premières maquettes qu’il avait présentées initiaient l’orientation vers ce que l’on appelle aujourd’hui plus communément le rock progressif.

Unmind a choisi de visiter cette production particulière du rock, le Grunge, longtemps présenté comme une sous-culture du mouvement punk. Les amateurs du genre se sont toujours très peu souciés de cette hiérarchisation émanant des observateurs des courants mainstream.

Ces amateurs sont nombreux : c’est que cette musique parle de ceux et à ceux qui se reconnaissent dans une génération mal reconnue, qualifiée initialement aux Etats-Unis comme la Génération X, celle de la transition entre celle des Baby Boomers et la Génération Y, celle de la technologie digitale. Là-bas, cette définition sociologique englobe tous ceux nés à partir de la fin des années 60 jusqu’à la fin des années 80 et elle est considérée comme une génération perdue.

C’est une génération vraiment particulière car, elle est celle venant après la Guerre Froide et qui se fait peur avec des « devil-child films », qui dispose de la pilule contraceptive en même temps que survient le vieillissement de la population et la croissance du nombre des femmes sur le marché du travail…

Mind is a battlefield

All hope is gone

Trouble to the right and left

Whose side you’re on?

C’est de ce malaise issu d’une sorte d’inutilité historique qu’a surgi à Seattle ce rock à la mélancolie rageuse avec des paroles surfant entre une poésie de l’apathie et un esthétique du détachement. Avant, les artistes étaient engagés ; eux, au contraire, sont désengagés des grandes causes, sinon celle de leur propre authenticité, qu’importe qu’elle puisse être considérée nihiliste par certains.

Everyone is changing

There’s no one left that’s real

So make up your own ending

And let me know just how you feel

Cause I am lost without you

I cannot live at all

Pour l’anecdote, ça peut faire sourire certains qui apprennent que le Grunge désigne la saleté qui s’encastre entre les orteils… Pas très reluisant. Autant s’en tenir à une problématique au croisement de la sociologie et de la musicologie. En fait, le Grunge dit le blues du blanc en Occident, le grunge dit le malaise d’un temps. Puis, comme le blues, le jazz et le rock, le grunge a quitté Seattle, le Kansas et le Missouri et on l’a retrouvé en Angleterre, en Australie et plus près de nous, en Afrique du Sud, avec le groupe Seether qui est originaire du Gauteng notamment. Ainsi, le rock est et sera toujours une musique de contestataires. C’est souvent, sinon tout le temps, une musique de revendication identitaire ; c’est surtout un rock célébrant une identité de la rupture sociale, voulue ou subie…

If I could speak I’d tell you all my fears and deprivations

If I could feel I’d take away your pain

If I could bleed I’d show you all my scars and imperfections

If I could breed I’d hold you in my veins

You’ve got me feeling like an animal

Beat down and feeling paralyzed

You’ve got me feeling like I have no other hand to hold

In this assisted suicide

So say something beautiful

Say what you’re keeping inside

This anticipation

I will only let you down

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