Zulu, tangage et roulis pour l’homme de la mer

Zulu, le chanteur de Betty Blues, Mahébourg et Seggae Paradise revient ce vendredi chez The Irish. C’est lui qui avait animé le dernier vendredi de l’an passé pour les Réguliers de la maison. Et cette fois, puisqu’il faut un prétexte, il est tout trouvé : c’est l’anniversaire du patron ! Alors, puisque l’occasion fait le larron, il y aura du monde dans la maison !

zulu1-600x315

Le chanteur de la nouvelle poésie créole procure à son auditoire les frissons qui se dégagent de sa manière d’interpréter des scènes de la vie quotidienne. Voilà Poseidon, le dieu grec de la mer, tout noir réincarné et qui baptise dans le flot de ses émotions. L’homme de la mer n’a pas son pareil pour plonger son auditoire dans l’abondance de ses vagues, le ballotant sans ménagement dans ses sacs et ses ressacs, quand sa voix au timbre si particulier martèle les mots sur des rythmes tantôt lancinants et tantôt entrainants.

Entre gratitude et amusement, les joies, les déceptions et les angoisses, Zulu a fait son chemin : ‘Tango Blues’, son troisième album, est en gestation ; accouchement prévu à la fin de l’année. Mais, à toujours avoir ce sentiment de faire un pas en avant et deux en arrière, sa vie tangue peut-être un peu trop. Dans les médias, il avoue son tiraillement, toujours le même : doit-il abandonner ‘Princesse’, son bateau, pour s’adonner uniquement à la musique ? Son public le chérit, mais c’est la mer qui le nourrit…

S’il n’avait pas été plaisancier, Michel Bavajee n’aurait fort probablement pas pu être Zulu et avoir cette carrière de chanteur. Cela fait vingt ans qu’il promène des touristes dans son bateau à Mahébourg et déjà depuis le premier album avec BlackmenBluz c’est ce métier qui a grandement subventionné ses activités artistiques. Mais, nous sommes à Maurice, au pays où l’on considère que les artistes qui assurent le divertissement sont à se divertir puisqu’ils en tirent un plaisir évident. De quoi conforter la bonne conscience de ceux qui les exploitent, comme de ceux qui les acclament sans s’en faire le souci.

zulu

Mais Zulu travaille. La vie d’artiste est prenante ; la mer aussi. Concilier ces deux activités n’est pas une mince affaire. Qu’à cela ne tienne, de même qu’il s’expose au vent du large et des influences multiples des touristes de passage, il est toujours prêt à s’exposer à de nouveaux sentiments que peuvent lui faire éprouver certains textes qui lui parviennent. Son univers artistique se constitue au gré des rencontres, des musiques qui l’envoûtent le temps d’un bœuf avec ses amis musiciens.

En un peu plus d’une année, Javed Vayid est parvenu au but qu’ils s’était fixé : faire de The Irish une référence des représentations en Live dans les Plaines Wilhems. Et qu’il y fasse revenir Zulu, cela marque autant son plaisir personnel qu’il exprime un soutien sans ambiguïté aux artistes dont le travail sans relâche donne au secteur du divertissement local des prestations dont Maurice n’a pas à rougir.

© Neologik Ltd. – 2017

Leave a Comment